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Tu me cherchais ?

Je t’avais dit qu’un des grands avantages de l’Argentine c’était d’avoir une frontière commune avec le Brésil et bien nous l’avons franchie, Sanjay, les chiots, mes chaussures de Tango et moi.

Donc si tu me cherches, maintenant je suis là, je bois du schweppes avec mes copains.

Stay tuned !

 

 

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These shoes are made for walking (or dancing)

Voilà.

C’est fait.

J’ai atteins le fond du fond de la vacuité totale. A savoir, 2 bonnes heures à mater des photos sur facebook de gens que je ne connais même pas.

L’heure est grave.

Il est temps de retrouver le chemin des choses intéressantes de la vie.

Les chaussures.

Comme tu le sais peut être les argentines raffolent des plate forme shoes immondes, y’en a gavé toutes les vitrines de Santa Fé. Mais à deux pas, avec des plate forme ou pas, y’a une jolie boutique confidentielle qui étale des souliers qui font rêver.

« Comme il faut* » c’est son nom. On la trouve en haut d’un petit escalier dans une impasse et il suffit de franchir la porte pour avoir envie d’onduler sur des talons hauts. Il parait que ce sont des chaussures pour danser le tango. La vendeuse, elle, dit que ce sont des chaussures magiques et qu’on peut tout faire avec.

Et c’est vrai. Parce qu’en plus d’être jolies, sophistiquées, et ultra sexys (de vraies ‘fuck me shoes’ selon Sanjay, le poète) elles sont faites par des danseurs pour des danseurs. Alors si t’as envie de courir un 100 m perchée sur 7 cm tu peux. Magique.

comme il faut

Comme il faut

Arenales 1239 door 3 apt. M
tel: 4815-5690
info@commeilfaut.com.ar

* le nom français c’est un peu pour faire genre mais c’est aussi le titre d’un tango composé par Eduardo Arolas lors d’un séjour parisien.

Cliché Patagon

La Patagonie, c’est le cliché en super wide.

D’abord, on peut y croiser Florent Pagny sur son cheval, et c’est pas rien.

Ensuite, tu peux y porter ton blouson Patagonia in situ, la brigade du style vêtement technique appréciera.

Enfin, tu peux conduire une vieille guimbarde sur des routes sans virage qui traversent du rien plat où des moutons paissent peinard sous l’œil bienveillant des condors et trouver au bout du chemin des BALEINES et des PINGOUINS. Et ça c’est vraiment bien.

En vrai, le patagon est plutôt « north face », notre vieille guimbarde était une Chevrolet classique blanche et j’ai pas vu Florent  (apparemment il aurait déménagé à Miami),   mais à part ça tout y est.

Photo : Sanjay Patel

Travel tips :

l’Aéroport de Trelew, le plus proche de la Peninsula Valdes, est à 180 bornes de route droite. Alors si t’arrives tard dans la nuit et que tu ne veux pas risquer de t’emplafonner un mouton ou un lama (y’en a aussi, c’est ça le cliché) noctambule, tu peux aller dormir à La Casona de Rio, un B&B maison d’hôte avec des lits de compet’ et un petit dej qui te donnera toute l’énergie nécessaire pour tenir ton volant. Tu y seras accueilli comme à la maison par Janina et sa maman.

Color Block

Pour certains c’est le printemps, les arbres fleurissent. La terre se réveille (je m’adresse là à mon lectorat paysan qui se reconnaîtra), les balcons urbains dégueulent du vert,  du rose et du blanc. Les jours rallongent, les jupes raccourcissent et les doigts de pieds s’épanouissent*.

Les autres sortent les chaussettes (ils se reconnaîtront aussi).

Avec Beatriz Milhazes, c’est le printemps tout le temps. C’est le flower power dans ta face et la bossa nova dans tes oreilles.

Beatriz est une artiste brésilienne née à Rio en 1960. Il paraît que les expériences de la petite enfance nous marquent à jamais. Dans son cas c’est l’explosion des swinging 60’s.
Ses toiles sont un enchevêtrement de couleurs et de formes psychédéliques qui respirent l’innocence. On pourrait croire à un délire psychotrope, mais au contraire, rien n’est spontané. Beatriz, artiste cérébrale,  s’applique à utiliser une technique longue et compliquée pour obtenir le résultat rêvé.

Elle commence par peindre sur des formes en plastique transparentes, puis les arrange et les colle comme une décalcomanie. Chaque fragment rejoint son voisin pour créer une image globale lisse, sans relief. Pas de découpage de plans, tout est au premier plan. Tout mérite notre attention complète et sans partage. Chaque détail est une invitation à la « tropicalité » et à l’infini. Elle même le dit, ses œuvres ne sont jamais abouties.

Contrairement à d’autres artistes qui entretiennent le mystère, Beatriz Milhazes explique à qui veut l’entendre sa technique laborieuse et ouvre volontiers les portes de son atelier et de ses inspirations. Tu ne seras pas étonné d’apprendre que Paul Gauguin ou  Christian Lacroix sont certaines de ses sources inépuisables. Elle parle aussi de Mondrian, c’est moins évident. Mais là aussi, le travail presque scientifique de Mondrian (comme celui de Beatriz) dans la structure de la toile, dans son organisation,  ne saute pas aux yeux du spectateur non averti qui peut penser dans un moment d’égarement ‘pff, moi aussi j’peux le faire – file moi juste une règle et un compas ‘. Et pourtant chaque toile est un projet architectural, un procédé méticuleux, qui comme la construction d’un bâtiment, d’un moucharabié,  demande du temps et de l’énergie.

L’environnement immédiat de Beatriz est aussi très présent dans son travail. Elle vit à 10 mètres du jardin botanique de Rio de Janeiro, une ville sans saison où les arbres sont toujours en fleurs et les perroquets en couleurs. Ne la range pas avec les naturalistes, elle n’aimerait pas ça. Bien sûr on trouve des fleurs dans ses créations mais elles deviennent rosaces et formes géométriques dès qu’elles sont mêlées aux lignes et aux spirales. Même si elle passe beaucoup de temps hors du brésil, notamment à New York ou à Londres, et elle reste une ‘girl from Ipanema’ et les spirales qui longent la plage font danser son imagination à chaque instant.  Beatriz Milhazes peint l’abstrait. Et la joie.

photo: Sanjay Patel – Malba, Buenos Aires

Summer Love (2010) by Beatriz Milhazes, via Fondation Beyeler

source: theartreference.blogspot.com.ar

et pour les oreilles (et la joie)

Beatriz Milhazes est exposée en ce moment et jusqu’au 19 novembre au Malba en ce moment à Buenos Aires. Ses œuvres sont présentes dans les collections permanentes du MOMA, du MET, du Guggenheim et du Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia de Madrid.

*Lecteur parisien sous la pluie, ne meure pas de jalousie, les tongues sont encore au placard, le soleil radieux de Buenos Aires est une vieille arnaque, une publicité mensongère. Il pleut, 2 jours sur 3.

Polo Sequel – pour Vraiment tout savoir

Y’a quelques trucs que j’ai oublié de te raconter sur le polo. ça m’est venu, comme ça, pendant que je regardais des tortues barboter dans les eaux cristallines de la Costa Verde au Brésil (c’est à côté, je t’ai dit déjà ?) ( un peu comme si un parisien allait passer le WE à Copenhague, rapport à la distance). Je reviendrai sur ma vie fascinante plus tard.

Concentrons nous plutôt sur les choses du polo.

Le polo ne se pratique pas uniquement sur un cheval. Des aventuriers ont inventé des versions plus ou moins créatives et casse gueule.

L’auto Polo – pas des masses de détails sur l’histoire de l’auto polo, ça n’a pas duré, on voit assez bien pourquoi sur la photo.

1912 – source : http://www.mnn.com

Le Vélo Polo – inventé par les irlandais (qui voulaient sans doute niquer les anglais) à la fin du 19ème. Pas autant le carton que le cheval polo mais se pratique aujourd’hui dans 300 villes worldwide.

quelque part dans le monde en 1930 – source: copenhagenize.com

NYC en 2010 – source: wall street journal

Le Elephant Polo, qui, contrairement aux apparences (on dirait un peu un truc de maharadja désœuvré tu trouves pas) , a été inventé en 1982. Un bon moyen de faire de jolies photos de people avec des moustachus enturbannés et par la même occasion de promouvoir la défense des éléphants. Le Elephant polo se joue en Inde, au Népal et en Thaïlande.

Olivier Martinez, french lover (c’est un métier) hyper à l’aise sur son destrier.

source: http://www.zimbio.com

Et SRK qui aime les éléphants et qu’on aime passionnément (tu pensais pas que je pourrais trouver un lien entre SRK et l’Argentine ? )

source: http://www.asianoutlook.com

Enfin, deux pratiques équestres et montagnardes, plus ou moins glamour :

Le snow Polo, entertainment pour les dames en fourrure dans les stations de ski huppées.

source: http://www.bbc.co.uk

et le Bouzkachi: On garde les chevaux, on vire le maillet et on essaye d’attraper à mains nues une carcasse de mouton et de se défaire de la soixantaine de cavaliers virils qui nous talonne.  Le bouzkachi est le sport national d’Afghanistan et se pratique dans les autres pays en « stan ». Tu peux essayer à Gstaad avec un vison si tu veux.

Tu sais à présent presque tout sur le Polo, presque.

Last but not least, Nacho Figueras, élevé au bife argentin depuis 1977.

Le polo c’est sa passion. Il est l’un des 100 meilleurs joueurs du monde. Pas le plus doué, mais le plus beau, en bleu ou en black.