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La fille qui passe.

Rio de Janeiro, 1962.

Vinicius et Tom, deux cariocas* heureux,  se retrouvent  tous les jours pour siroter une bière, à deux pas de la mer. Confortablement installés à la terrasse du bar Veloso, situé dans une rue passante du quartier bourgeois d’Ipanema, ils regardent passer les filles qui marchent vers la plage. Ils ont le regard qui frise et l’imagination qui déborde comme tous les hommes du monde qui aiment regarder marcher les filles.

Vinicius et Tom sont tous les hommes du monde, mais en mieux. Vinicius de Moraes est poète/parolier et diplomate. Tom, de son nom complet Antonio Carlos Jobim, est compositeur. Depuis peu, Vinicius, Tom et quelques autres, dont Luiz Bonfá, ou encore João Gilberto chanteur et troubadour venu de Bahia, charment  les oreilles des chanceux contemporains avec un nouveau style musical : La Bossa Nova, littéralement la « nouvelle forme ».

La Bossa Nova est un mélange des rythmes traditionnels du « Chorinho » (rythmes gais et syncopés ) et du Jazz américain, influencée aussi, crois le ou pas, par Henri Salvador**. C’est une musique de blancs par opposition à la Samba qui est « nègre, bien nègre dans son cœur »***. Les percussions reines de la samba sont bâillonnées pour ne s’exprimer qu’à travers le doux murmure des balais sur la caisse claire et la guitare devient la reine de la fête. Mais la Bossa Nova est surtout la bande son de cette époque tranquille et insouciante et nous propulse sur une plage, la peau dorée caressée par le soleil descendant. Non loin un inconnu  gratte une guitare en fredonnant. On rêve et on s’abandonne.

Extrait du film italien Copacabana Palace (1962). Luiz Bonfá, Jão Gilberto et Tom Jobim. « Canção do Mar »

Certains, un peu aigris, trouvent alors que la Bossa Nova est une musique facile pour chanteurs médiocres. João Gilberto,   leur répond avec une la chanson « Desafinado » (en français désaccordé). Écoute-la, tu me diras si João chante faux (si ça t’amuse, lis les paroles de la chanson en bas de page****). En plus, Selon les experts, la Bossa Nova est tout sauf une musique facile. Les harmonies sont complexes et les arrangements très sophistiqués. L’inconnu qui gratte sa guitare non loin sur la plage a beaucoup travaillé ses gammes.

João Gilberto « Desafinado » 1962.

En 1962, Vinicius de Moraes et Tom Jobim sont au sommet de la gloire. Ils viennent de donner vie à « Orfeu da Conceiçao », une adaptation musicale de la pièce Orphée et Eurydice présentée au Théâtre Municipal de Rio avec un succès retentissant et adaptée au cinéma par le réalisateur français Marcel Camus sous le titre d’Orfeu Negro. Le film a reçu la Palme d’Or à Cannes en 1959 et l’Oscar du meilleur film étranger en 1960.

Extraits du Film Orfeu Negro –  Marcel Camus. 1959.

Musique composée par Antonio Carlos Jobim et Luiz Bonfá

Ce jour là de 1962, les deux compères attablés,  parlent d’une chanson écrite par Vinicius: « a menina que passa » (la fille qui passe) dont il n’est pas franchement satisfait. C’est l’histoire d’une fille qui passe. Justement, là, devant eux, passe une fille d’Ipanema qui marche vers la plage avec un déhanché  plus beau qu’un poème »*****. Vinicius et Tom sont inspirés. La magie agit et la « menina que passa »  subit quelques transformations heureuses pour devenir la « Garota de Ipanema » (la gamine d’Ipanema), un des plus grands hits de tous les temps.

 

Tom Jobim et Vinicius de Moraes en 1962

Bar Veloso Rio de Janeiro. Le bar a depuis été rebaptisé ‘Garota de Ipanema’

 

C’est un passage par les Etats Unis qui donne à la chanson sa dimension intersidérale et catapulte la Bossa Nova sur le devant de la scène musicale mondiale.

Le jazz américain dans sa forme classique est alors en pleine crise créative et commerciale, le Rock & Roll le talonne et les jazzmen sont en quête de nouveaux rythmes. Stan Getz, saxophoniste de renom, est le premier à introduire des rythmes de Bossa Nova dans ses compositions. En 1962 il sort deux albums de Jazz/bossa Nova : Jazz Samba et Big Band Bossa Nova. En 1963 il invite Tom Jobim et João Gilberto à New York pour enregistrer un album sous le label « Verve ».

La « garota de ipanema »  fait partie des titres enregistrés pour l’album Getz/Gilberto et devient  « The girl from Ipanema« ,  un trio magique. João Gilberto qui sussure en portugais, Astrud Gilberto, la femme de João, qui murmure en anglais (sur les paroles adaptées par Norman Gimbel) le tout bercé par groove feutré du saxo de Stan Getz.

A droite de la photo Astrud Gilberto, João Gilberto et Stan Getz.

 

João Gilberto pose sa voix sur les toutes premières notes de la chanson, comme s’il sifflotait insouciant le nez au vent.  Il aperçoit cette fille si jolie qui ondule  vers la mer et il chante comme s’il se parlait à lui même, « regarde cette fille ». Il la connaît, il la voit passer souvent. Il sait qu’elle habite dans le coin « elle est bronzée par le soleil d’Ipanema ». Cette fille est la plus belle chose qu’il ait jamais vue passer. Puis, il revient à la réalité.  Il soupire « aaaaah », il est seul, il est triste,  la fille est totalement hors de sa portée, inaccessible. Cette fille est d’autant plus charmante qu’elle n’est pas consciente de l’effet qu’elle provoque. « si elle savait que quand elle passe, le monde sourit et s’emplit de grâce et devient plus beau grâce à l’amour ».

Astrud Gilberto prend le relais.  Elle voit la fille passer, mais elle voit aussi le garçon qui la regarde. Elle apporte plus de précisions à la description de la fille. Elle est grande, jeune et bronzée. Elle voit aussi qu’il n’y pas que ce garçon transi d’amour qui la regarde, tout le monde regarde passer cette fille et tout le monde soupire sur son passage ‘aaaah’, (each one she passes goes aaaaah). Elle balance comme une samba douce et tranquille pour rappeler au monde que cette histoire se passe au Brésil au cas où certains incultes auraient pu croire que c’était encore une chanson latino de plus. Puis elle nous parle du garçon triste, et João soupire pour nous rappeler que c’est lui le garçon triste. Il est triste parce qu’il ne sait pas comment lui dire qu’il l’aime. Il lui donnerait volontiers son cœur, mais tous les jours quand elle marche vers la plage elle regarde droit devant elle et ne le voit pas. Il lui sourit, mais elle ne voit pas. Pourquoi ne le voit-elle pas ? L’histoire ne le dit pas.

Astrud chante par hasard. Elle était juste venue pour accompagner son mari (qu’elle va bientôt quitter pour Stan Getz, mais c’est pas le sujet). Son tout premier enregistrement devient le disque de jazz le plus vendu au monde, mais aussi un succès populaire étourissant. En 1965, l’album Getz/Gilberto reçoit le Grammy Award du meilleur Album . « The girl from Ipanema » reçoit la même année le prix du Disque de l’année (Record of the Year).

Le garçon décrit dans la chanson pourrait être n’importe quel amoureux transi, mais la fille, elle, n’est pas n’importe quelle fille. C’est Heloisa Pinheiro, dite Helô, une « it girl » de l’époque, elle est grande (1,73m), elle est jeune (17 ans), elle est bronzée et elle fait tourner les têtes. Son identité fut révélée dans une interview de Vinicius de Moraes quelques mois après la sortie du disque.  Vinicius, un dragueur invétéré la demande même en mariage. Elle refuse poliment, elle est déjà fiancée. En 50 ans la gamine d’Ipanema est devenue muse éternelle. Elle a aussi été mannequin, animatrice télé et créatrice de mode. Devine comment s’appelle sa marque de vêtements de plage ? A 70 ans passés, elle reste une icône de la ville et se fait arrêter dans la rue à chaque fois qu’elle sort. Elle a même porté la flamme olympique  jusqu’à la plage d’Ipanema lors des J.O. de Rio de 2016. Pendant la cérémonie d’ouverture des J.O. d’ailleurs, Daniel Jobim, petit fils de Tom Jobim, a repris  la chanson au piano pendant que Gisele Bündchen, autre garota brésilienne bien connue traversait le stade olympique en ondulant.

Helô Pinheiro, Muse éternelle.

 

« The Girl From Ipanema » a été reprise plus de 600 fois, deuxième chanson la plus reprise au monde après « yesterday » des Beatles. Comble du succès,  elle est devenue le number one hit des musiques d’ascenseur.

En 2005, « The Girl From Ipanema » a intégré le classement des 50 grandes œuvres musicales de l’humanité de la Bibliothèque du Congrès national nord américain.

Il y a des choses qui rendent le monde plus beau, « The Girl From Ipanema » en est une.

 

*nom porté par les habitants de Rio de Janeiro.

** Henri Salvador, Dans mon île – 1958

 

*** Paroles de la chanson de  » Samba Saravah » de Pierre Barouh

****Desafinado – João Gilberto

Se você disser que eu desafino amor / Si tu dis que je change faux
Saiba que isso em mim provoca imensa dor / Sache que cela provoque en moi une immense douleur
São privilegiados têm ouvido igual ao seu / Tu es privilégié d’avoir une oreille aussi fine
Eu possuo apenas o que Deus me deu / Moi je ne possède que ce que Dieu m’a donné
Se você insiste em classificar / si tu insistes pour définir
Meu comportamento de anti-musical / mon comportement d’anti musical
Eu mesmo mentindo devo argumentar / Même si je mens, je dois argumenter
Que isto bossa-nova, isto muito natural / que c’est de la bossa nova et que c’est très naturel
O que você no sabe nem sequer pressente / ce que tu ignores et que tu ne pressens même pas
Que os desafinados tambêm têm um coração / c’est que ceux qui chantent faux ont aussi un cœur
Fotografei você na minha Roleiflex / J’ai pris une photo de toi avec mon Roleiflex
Revelou-se a sua enorme ingratido / elle a révélé ton énorme ingratitude
Só no poder falar assim do meu amor / tu ne peux pas parler comme ça de mon amour
Este o maior que você pode encontrar / c’est le plus grand amour que tu trouveras jamais
Você com sua musica esqueceu o principal / toi, avec ta musique tu as oublié le plus important
Que no peito dos desafinados / que dans le cœur de ceux qui chantent faux
No fundo do peito bate calado / au plus profond du cœur bat doucement
Que no peito dos desafinados / que dans le cœur de ceux qui chantent faux
Tambêm bate um coração / aussi bat un cœur.
*****
Olha que coisa mais linda / Regarde cette chose si jolie
Mais cheia de graça / si pleine de grâce
É ela a menina que vem e que passa / c’est elle la fille qui va et qui passe
Num doce balanço a caminho do mar / en ondulant doucement sur le chemin de la plage
Moça do corpo dourado do sol de Ipanema / Jeune fille au corps bronzé par le soleil d’Ipanema
O seu balançado é mais que um poema / Son déhanché est plus qu’un poème
É a coisa mais linda que eu já vi passar / c’est la plus belle chose que j’ai jamais vue passer
Ah, por que estou tão sózinho? / ah pourquoi suis-je si seul ?
Ah, por que tudo é tão triste? / Ah pourquoi tout est si triste ?
Ah, a beleza que existe / La beauté qui existe
A beleza que não é só minha / La beauté qui n’est pas qu’à moi
Que também passa sozinha / qui passe aussi seule
Ah, se ela soubesse / Ah si elle savait
Que quando ela passa / que quand elle passe
O mundo sorrindo se enche de graça / le monde sourit et s’emplit de grâce
E fica mais lindo por causa do amor / Et devient plus beau grâce à l’amour
Tall and tan and young and lovely / Grande et bronzée et jeune et jolie
The girl from Ipanema goes walking / La fille d’Ipanema marche
And when she passes / Et quand elle passe
Each one she passes goes « ah! » / tous ceux qu’elle croise font « Ah! »
When she walks she’s like a samba that / Quand elle marche c’est comme une samba
Swings so cool and sways so gently / Qui swingue doucement et tranquillement
That when she passes / Quand elle passe
Each one she passes goes « ah! » / tous ceux qu’elle croise font « ah! »
Oh, but he watches her so sadly / oh mais lui la regarde tristement
How can he tell her he loves her? / comment peut il lui dire qu’il l’aime
Yes, he would give his heart gladly / oui, il donnerait volontiers son cœur
But each day when she walks to the sea / mais chaque jour quand elle marche vers la plage
She looks straight ahead not at him / elle regarde droit devant elle et ne le voit pasTall and tan and young and lovely / grande et bronzée et jeune et jolie
The girl from Ipanema goes walking / la fille d’ipanema marche
And when she passes he smiles / et quand elle passe il sourit
But she doesn’t see / mais elle ne le voit pas

Reprise d’Amy Winehouse

Reprise d’Ella Fitzgerald – The girl devient the boy.

Frank Sinatra la clope à la main, accompagné par Tom Jobim.

 

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Tu me cherchais ?

Je t’avais dit qu’un des grands avantages de l’Argentine c’était d’avoir une frontière commune avec le Brésil et bien nous l’avons franchie, Sanjay, les chiots, mes chaussures de Tango et moi.

Donc si tu me cherches, maintenant je suis là, je bois du schweppes avec mes copains.

Stay tuned !

 

 

These shoes are made for walking (or dancing)

Voilà.

C’est fait.

J’ai atteins le fond du fond de la vacuité totale. A savoir, 2 bonnes heures à mater des photos sur facebook de gens que je ne connais même pas.

L’heure est grave.

Il est temps de retrouver le chemin des choses intéressantes de la vie.

Les chaussures.

Comme tu le sais peut être les argentines raffolent des plate forme shoes immondes, y’en a gavé toutes les vitrines de Santa Fé. Mais à deux pas, avec des plate forme ou pas, y’a une jolie boutique confidentielle qui étale des souliers qui font rêver.

« Comme il faut* » c’est son nom. On la trouve en haut d’un petit escalier dans une impasse et il suffit de franchir la porte pour avoir envie d’onduler sur des talons hauts. Il parait que ce sont des chaussures pour danser le tango. La vendeuse, elle, dit que ce sont des chaussures magiques et qu’on peut tout faire avec.

Et c’est vrai. Parce qu’en plus d’être jolies, sophistiquées, et ultra sexys (de vraies ‘fuck me shoes’ selon Sanjay, le poète) elles sont faites par des danseurs pour des danseurs. Alors si t’as envie de courir un 100 m perchée sur 7 cm tu peux. Magique.

comme il faut

Comme il faut

Arenales 1239 door 3 apt. M
tel: 4815-5690
info@commeilfaut.com.ar

* le nom français c’est un peu pour faire genre mais c’est aussi le titre d’un tango composé par Eduardo Arolas lors d’un séjour parisien.

Cliché Patagon

La Patagonie, c’est le cliché en super wide.

D’abord, on peut y croiser Florent Pagny sur son cheval, et c’est pas rien.

Ensuite, tu peux y porter ton blouson Patagonia in situ, la brigade du style vêtement technique appréciera.

Enfin, tu peux conduire une vieille guimbarde sur des routes sans virage qui traversent du rien plat où des moutons paissent peinard sous l’œil bienveillant des condors et trouver au bout du chemin des BALEINES et des PINGOUINS. Et ça c’est vraiment bien.

En vrai, le patagon est plutôt « north face », notre vieille guimbarde était une Chevrolet classique blanche et j’ai pas vu Florent  (apparemment il aurait déménagé à Miami),   mais à part ça tout y est.

Photo : Sanjay Patel

Travel tips :

l’Aéroport de Trelew, le plus proche de la Peninsula Valdes, est à 180 bornes de route droite. Alors si t’arrives tard dans la nuit et que tu ne veux pas risquer de t’emplafonner un mouton ou un lama (y’en a aussi, c’est ça le cliché) noctambule, tu peux aller dormir à La Casona de Rio, un B&B maison d’hôte avec des lits de compet’ et un petit dej qui te donnera toute l’énergie nécessaire pour tenir ton volant. Tu y seras accueilli comme à la maison par Janina et sa maman.

Color Block

Pour certains c’est le printemps, les arbres fleurissent. La terre se réveille (je m’adresse là à mon lectorat paysan qui se reconnaîtra), les balcons urbains dégueulent du vert,  du rose et du blanc. Les jours rallongent, les jupes raccourcissent et les doigts de pieds s’épanouissent*.

Les autres sortent les chaussettes (ils se reconnaîtront aussi).

Avec Beatriz Milhazes, c’est le printemps tout le temps. C’est le flower power dans ta face et la bossa nova dans tes oreilles.

Beatriz est une artiste brésilienne née à Rio en 1960. Il paraît que les expériences de la petite enfance nous marquent à jamais. Dans son cas c’est l’explosion des swinging 60’s.
Ses toiles sont un enchevêtrement de couleurs et de formes psychédéliques qui respirent l’innocence. On pourrait croire à un délire psychotrope, mais au contraire, rien n’est spontané. Beatriz, artiste cérébrale,  s’applique à utiliser une technique longue et compliquée pour obtenir le résultat rêvé.

Elle commence par peindre sur des formes en plastique transparentes, puis les arrange et les colle comme une décalcomanie. Chaque fragment rejoint son voisin pour créer une image globale lisse, sans relief. Pas de découpage de plans, tout est au premier plan. Tout mérite notre attention complète et sans partage. Chaque détail est une invitation à la « tropicalité » et à l’infini. Elle même le dit, ses œuvres ne sont jamais abouties.

Contrairement à d’autres artistes qui entretiennent le mystère, Beatriz Milhazes explique à qui veut l’entendre sa technique laborieuse et ouvre volontiers les portes de son atelier et de ses inspirations. Tu ne seras pas étonné d’apprendre que Paul Gauguin ou  Christian Lacroix sont certaines de ses sources inépuisables. Elle parle aussi de Mondrian, c’est moins évident. Mais là aussi, le travail presque scientifique de Mondrian (comme celui de Beatriz) dans la structure de la toile, dans son organisation,  ne saute pas aux yeux du spectateur non averti qui peut penser dans un moment d’égarement ‘pff, moi aussi j’peux le faire – file moi juste une règle et un compas ‘. Et pourtant chaque toile est un projet architectural, un procédé méticuleux, qui comme la construction d’un bâtiment, d’un moucharabié,  demande du temps et de l’énergie.

L’environnement immédiat de Beatriz est aussi très présent dans son travail. Elle vit à 10 mètres du jardin botanique de Rio de Janeiro, une ville sans saison où les arbres sont toujours en fleurs et les perroquets en couleurs. Ne la range pas avec les naturalistes, elle n’aimerait pas ça. Bien sûr on trouve des fleurs dans ses créations mais elles deviennent rosaces et formes géométriques dès qu’elles sont mêlées aux lignes et aux spirales. Même si elle passe beaucoup de temps hors du brésil, notamment à New York ou à Londres, et elle reste une ‘girl from Ipanema’ et les spirales qui longent la plage font danser son imagination à chaque instant.  Beatriz Milhazes peint l’abstrait. Et la joie.

photo: Sanjay Patel – Malba, Buenos Aires

Summer Love (2010) by Beatriz Milhazes, via Fondation Beyeler

source: theartreference.blogspot.com.ar

et pour les oreilles (et la joie)

Beatriz Milhazes est exposée en ce moment et jusqu’au 19 novembre au Malba en ce moment à Buenos Aires. Ses œuvres sont présentes dans les collections permanentes du MOMA, du MET, du Guggenheim et du Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia de Madrid.

*Lecteur parisien sous la pluie, ne meure pas de jalousie, les tongues sont encore au placard, le soleil radieux de Buenos Aires est une vieille arnaque, une publicité mensongère. Il pleut, 2 jours sur 3.

Polo Sequel – pour Vraiment tout savoir

Y’a quelques trucs que j’ai oublié de te raconter sur le polo. ça m’est venu, comme ça, pendant que je regardais des tortues barboter dans les eaux cristallines de la Costa Verde au Brésil (c’est à côté, je t’ai dit déjà ?) ( un peu comme si un parisien allait passer le WE à Copenhague, rapport à la distance). Je reviendrai sur ma vie fascinante plus tard.

Concentrons nous plutôt sur les choses du polo.

Le polo ne se pratique pas uniquement sur un cheval. Des aventuriers ont inventé des versions plus ou moins créatives et casse gueule.

L’auto Polo – pas des masses de détails sur l’histoire de l’auto polo, ça n’a pas duré, on voit assez bien pourquoi sur la photo.

1912 – source : http://www.mnn.com

Le Vélo Polo – inventé par les irlandais (qui voulaient sans doute niquer les anglais) à la fin du 19ème. Pas autant le carton que le cheval polo mais se pratique aujourd’hui dans 300 villes worldwide.

quelque part dans le monde en 1930 – source: copenhagenize.com

NYC en 2010 – source: wall street journal

Le Elephant Polo, qui, contrairement aux apparences (on dirait un peu un truc de maharadja désœuvré tu trouves pas) , a été inventé en 1982. Un bon moyen de faire de jolies photos de people avec des moustachus enturbannés et par la même occasion de promouvoir la défense des éléphants. Le Elephant polo se joue en Inde, au Népal et en Thaïlande.

Olivier Martinez, french lover (c’est un métier) hyper à l’aise sur son destrier.

source: http://www.zimbio.com

Et SRK qui aime les éléphants et qu’on aime passionnément (tu pensais pas que je pourrais trouver un lien entre SRK et l’Argentine ? )

source: http://www.asianoutlook.com

Enfin, deux pratiques équestres et montagnardes, plus ou moins glamour :

Le snow Polo, entertainment pour les dames en fourrure dans les stations de ski huppées.

source: http://www.bbc.co.uk

et le Bouzkachi: On garde les chevaux, on vire le maillet et on essaye d’attraper à mains nues une carcasse de mouton et de se défaire de la soixantaine de cavaliers virils qui nous talonne.  Le bouzkachi est le sport national d’Afghanistan et se pratique dans les autres pays en « stan ». Tu peux essayer à Gstaad avec un vison si tu veux.

Tu sais à présent presque tout sur le Polo, presque.

Last but not least, Nacho Figueras, élevé au bife argentin depuis 1977.

Le polo c’est sa passion. Il est l’un des 100 meilleurs joueurs du monde. Pas le plus doué, mais le plus beau, en bleu ou en black.