Rondeurs

Quand y’a overdose de Kahn, le remède c’est Kapoor.

Pendant que Sonam illumine la croisette, Anish féconde le Grand Palais.

Anish Kapoor est l’invité de Monumenta, événement, qui chaque année, présente une œuvre inédite d’un artiste exceptionnel dans la nef du Grand Palais.

Sculpteur de la démesure, Anish kapoor a rempli l’espace avec une structure gonflable gigantesque ronde, chaude et rouge.

Lorsque l’on pénètre à l’intérieur, les bruits sont étouffés, la toile semi-opaque rouge transforme notre vision du monde extérieur, l’humidité nous oppresse et l’air  raréfié nous donne un léger vertige. Nous sommes dans la matrice. Misérables petits fœtus en ballade dans l’immensité gonflée.

Quand on coupe le cordon, qu’on sort de la bulle, l’air est plus frais, plus léger. Cette sensation de bien être soudain nous rappelle que notre place est dans le monde, en pleine lumière. On fait alors le tour de l’œuvre et on ne lutte pas contre une envie irrépressible de  poser sa main sur la toile ronde pour espérer y sentir un mouvement, une onde, la vie.

Évidemment, les plus scientifiques d’entre nous s’extasient devant le défi technique. Un triptyque gonflé en permanence, boulonné au sol, des lais de tissus kilométriques, des bulles géantes posées délicatement sur le béton. 37 mètres de haut, 100 mètres de long, 12 tonnes. Dingue.

L’ambition d’Anish Kapoor est de « parvenir par des moyens strictement physiques à proposer une expérience émotionnelle et philosophique inédite ». Mission accomplie.

En revanche impossible de savoir pourquoi Anish Kapoor a appelé son œuvre Lévianthan qui n’est autre qu’un monstre marin, dragon, serpent et crocodile évoqué dans la Bible qui peut être considéré comme l’évocation d’un cataclysme terrifiant capable de modifier la planète, et d’en bousculer l’ordre et la géographie, ou carrément d’anéantir le monde alors qu’il dit avoir été inspiré par la Vénus de Willendorf, représentation brute de la fécondité et donc de l’avenir.  Toutes les interprétations sont possibles. C’est l’essence de l’art.

Anish Kapoor, Monumenta, au Grand Palais jusqu’au 23 juin 2011.

Photo : L’express

Photo: Telegraph UK

La Vénus de Willendorf

Anish Kapoor est né en 1954 à Bombay. A l’âge de 19 ans, il s’installe à Londres et suit les enseignements du Hornsey College of Art, puis de la Chelsea School of Art Design. Dès le début de sa carrière, il est choisi pour représenter l’Angleterre lors de manifestations internationales (Biennale de Paris en 1982, Biennale de Venise en 1990). Depuis lors, fort d’une reconnaissance artistique précoce, Anish Kapoor a cumulé presque tous les honneurs et toutes les responsabilités susceptibles d’être confiés à un artiste en Grande Bretagne : lauréat du prix Turner et élu membre de la Royal Academy en 1991, Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique (CBE) en 2003, et membre des institutions artistiques britanniques les plus prestigieuses (Art Council, Conseil de supervision de la Tate Modem).

Considéré aujourd’hui comme l’un des plus grands sculpteurs vivants, il bénéficie d’une popularité étonnante auprès du grand public international, grâce à un art résolument expressif malgré son abstraction. Ses sculptures sont ainsi présentes dans les musées et les collections privées du monde entier, mais également offertes à tous dans des lieux publics.

Source : www.monumenta.com

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3 commentaires pour Rondeurs

  1. Bombay Magic dit :

    Genial, enfin une expo que je pourrai voir !!! (je demarre la grande transhumance annuelle en juin), alors, merci pour l’info, la description poetique 🙂 On a enfin eu notre expo Anish Kapoor a Bombay cet hiver, des oeuvres assez anciennes je crois, mais vraiment tres tres chouetes…

    • Patricia dit :

      Et surtout tu vas pouvoir aller à Beaubourg voir l’expo PARIS – DELHI – BOMBAY. J’y vais la semaine prochaine, j’en rêve depuis un an.

      • Bombay Magic dit :

        J’ai vu, et vraiment aimé. Je dois être un peu prosaïque cependant, ça m’évoquait le jardinage et une aubergine boostée aux radiations.
        Vu l’expo à Beaubourg. Bien, mais j’espérais plus. J’ai trouvé que c’était plus culturel, et que ça aurait pu être plus artistique. La cible était clairement l’étranger, le touriste. Tu vas me dire, à Paris c’est normal. Tu as remarqué l’erreur sur la chambre de paris qui s’ouvre soit disant sur une route avec rickshaws jaune et vert pffft! A mon avis, c’était Delhi…..

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