Le TIC TAC de ma J12 *

 

best-love-rosieDans mes rêves les plus fous, je m’imagine Alix Giraud de l’Ain ou Sophie Fontanel. Je prendrais la plume, je serais drôle et accessible, mon avis compterait, j’aurais des chaussures qui brillent et un sac damassé. Et puis PATATRA, la réalité me tombe sur le coin du nez. Je ne suis qu’une bloggeuse de plus dans cette sphère narcissique et psychothérapeutique**. Je regarde mon petit nombril et MA*** première ride et je flippe. J’ai l’impression que le temps passe de plus en plus vite et qu’on a de moins en moins de temps de faire.  

 

Comme toute bonne trentenaire, je suis formatée pour FAIRE POUR ETRE, et là, je ne fais rien, donc évidemment je perds mon temps et surtout je ne suis rien. Maudits fouets qui nous lacèrent le dos dès qu’on n’en chie pas pour mériter une bonne nuit de sommeil. Mais voilà, pendant quelques heures j’ai envoyé bouler les fouets, le capitalisme et toujours cette fameuse culpabilité pour prendre un bouquin, comme ça, en plein après midi, un mercredi et j’ai lu.

 

J’ai lu (un peu mauvaise conscience quand même) « Best Love Rosie » de Nuala O’faolain. Justement, elle parle du temps qui passe, du temps passé. Au début, je ne me sentais pas super concernée par les pensées d’une sexagénaire sur la vie, l’amour, tout ça, mais je me suis laissée emporter par une écriture douce, ronde et chaleureuse et par l’écho lointain de la voix d’Enya.

 

Pour ces deux héroïnes gonflées à la mélancolie irlandaise, les pages se tournent et les aventures commencent. C’est super cliché, il n’est jamais trop tard. La vieille tante qui n’a pas eu d’enfant mais qui a consacré sa vie à élever la fille d’une autre abandonne sa bouteille et son chat et part s’éclater à New York pendant que la nièce (60 ++), féministe discrète, repense à ses amants et s’énamoure de la terre de ses ancêtres – et s’occupe du chat aussi. Aucune amertume. Les choix sont assumés. Bien sûr, les coups de mou sont permis et pour les chasser, une liste « pense bête pour les moments difficile » :

 

          Dressez la liste de ce qui va bien

          Recoiffez vous

          Rangez votre sac (ou votre voiture, ou votre 4X4)

          Etablissez votre situation financière exacte, même si elle est catastrophique

          Faites une BA

          Souriez à tous ceux que vous croisez ; ils ne sauront pas que ce n’est pas sincère

          Ne vous lamentez pas si la vie est injuste envers vous, il n’y a pas de justice

          Evitez d’écouter de grands air romantiques

          Trouvez un bébé quelque part

          Demandez la permission de le faire rire. Faites le rire.

 

C’est plein de bon sens, s’applique à tous les âges et apparemment il n’est jamais trop tard ****

 

* première vanité, je trouve un titre bien débile et que personne ne comprend, mais que moi je trouve fin, drôle et sophistiqué

** n’empêche que je vais continuer en essayant, c’est promis, de parler de moi le moins possible

*** deuxième vanité, pas la peine que je fasse un dessin. Y’en a qu’on de la chance…

**** troisième vanité : j’ai bien l’intention de devenir une journaliste à succès et avoir un sac damassé (pour aller avec la J12 que j’ai également l’intention de m’acheter avec mes premiers droits d’auteur)

 Vanité bonus : j’ai écrit ce texte en pensant que quelqu’un allait le lire et surtout que mon avis sur ce livre allait intéresser un ou deux pèlerins. Je remercie donc ma mère, qui vient de redemander l’adresse du blog et aussi le dernier livre que j’ai lu. Je suis à peu près certaine qu’elle lira le texte jusqu’au bout.

 

Rien à voir : je pars à mon cours d’hindi. Je vais faire un peu pour être et surtout je fais le lien avec le titre du blog.

 

Best Love Rosie, Nuala O’Faolain (traduit de l’anglais par Judith Roze) – Sabine Wespieser Editeur – Aout 2008.

 

4eme de couv écrite par un critique littéraire sérieux : Dans ce roman lumineux, Nuala O’Faolain met en scène une femme généreuse, tourmentée et attachante, qui fait siennes toutes les interrogations de l’écrivain. Best love rosie est un grand livre sur l’âge, la solitude, l’exil le sentiment maternel et les chimères de l’amour.

 

Née en Irlande en 1940, Nuala O’Faolain, auteur de cinq livres parmi lesquels l’histoire de Chicago May (prix Femina étranger 2006) est morte à Dublin le 9 mai 2008.

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2 commentaires

  1. Eh bien moi, je te trouve drôle, tout à fait accessible, pleine de potentiels et je t’imagine très bien avec tes chaussures qui brillent…
    Quelle vie d’être à Mumbaï, dans cette ville magique, avec tant de choses à découvrir tout en maintenant un univers tranquille pour nos tribus… Ce n’est pas tous les jours évident et c’est bien pour ça qu’il faut aussi s’octroyer des moments où on ne fait RIEN, des moments pour soi, rien que pour soi… Et si en plus, tu as la chance d’avoir de l’inspiration dans ces moments-là, profites-en, ce n’est pas donné à tout le monde !

  2. tu sais ce que j’aime bien dans Nuala O faolain? (non, mais tu t’en fous?) (bon, ok) eh bien c’est qu’on sent vraiment qu’elle aime ses personnages.
    l’idée, en fait, qu’on pourrait avoir, ce serait de devenir son propre personnage
    déjà rien qu’à répéter le mot personnage je ne comprends plus ce que ça veut dire. A part personne et âge. Bon enfin je dis n’importe quoi

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