Tudo Bem

Tu viens de passer un mois à te ronger les ongles jusqu’au sang en brûlant de connaître la suite de la trépidante vie politique du Brésil?

Franchement, c’était vraiment pas la peine de flinguer ta manucure. Il ne s’est rien passé. Rien. Tu peux te détendre, les bandits règnent toujours.

Début juillet, le Président en exercice, Michel Temer, je te le rappelle, était sur le point d’être jugé pour corruption passive (enregistrements AUDIO l’impliquant DIRECTEMENT). Tout ce qu’il fallait c’était que la majorité des deux tiers des parlementaires vote en faveur d’un jugement par le tribunal fédéral. Bon, les députés se sont dégonflés, ou ont négocié, ou avaient peur de couler avec le navire, ou avaient piscine, bref, il n’y a pas eu de majorité. Temer est toujours impliqué dans plusieurs cas de corruption mais peut rester Président. Cool Raoul.

Michel Temer, toujours là.

Pendant ce temps là, Lula da Silva, l’Ex-président (et peut-être futur Président) a été condamné par l’incorruptible juge Sergio Moro à 9 ans et des brouettes de zonzon*. Évidemment il fait appel de la décision et reste libre pendant le temps du procès. Il  profite de sa liberté pour faire campagne pour les prochaines présidentielles. Tranquille Emile.

ils vont devoir se préparer parce que je suis bien vivant et j’ai la Niaque!

Alors tu peux continuer à te ronger les ongles si tu veux, mais sans penser au Brésil, parce qu’ici, apparemment, tout le monde s’en fout. La preuve, la BIG news du mois d’août est le transfert de Neymar au PSG. Alors tu vois, Tudo Bem !

*Au Brésil les conditions de détention des prévenus dépendent de leur niveau d’études. Lula a quitté l’école à 14 ans. S’il devait être enfermé il se retrouverait avec les bandits de grand chemin dans des prisons surpeuplées et insalubres (contrairement à certains de ses copains, qui eux on fait des études et qui sont détenus dans des cellules individuelles avec tout le confort moderne). Pas étonnant qu’il n’ait pas très envie d’y aller.

 

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C’est qui le patron ?

Ci-dessous Michel Temer il y a un peu plus d’un an. Content.

Il était alors vice président, sur le point de devenir Président. La Présidente Dilma Rousseff allait être destituée pour « mauvaise gestion ».

Ci-dessous, Michel Temer aujourd’hui. Inquiet.

Il est Président et sur le point d’être jugé pour corruption passive*.

C’est Rodrigo Janot, le procureur général de la République qui l’accuse, et accuser un Président en exercice pour un crime commis pendant son exercice, c’est pas de la gnognotte. La constitution avait quand même prévu le coup et tout un processus est organisé pour un tel cas. Donc, le procureur a présenté l’accusation au juge responsable de telles affaires au tribunal suprême. Ce dernier a jugé la plainte valide et suffisamment argumentée et l’a refilée au Président du parlement. Maintenant ce sont les 513 députés qui doivent s’exprimer. Si la majorité des deux tiers d’entre eux (342) votent pour la mise en examen, Michel Temer sera jugé par le Tribunal Suprême et écarté du pouvoir le temps du procès (180 jours). Rodrigo Maia, Président du Parlement, prendra le relais jusqu’à l’organisation de l’élection indirecte qui désignera celui ou celle qui ira jusqu’au bout du mandat. Les élections présidentielles, directes, sont prévues en octobre 2018.

Le Brésil pourrait donc connaître 4 présidents en deux ans :

Dilma Rousseff (virée en avril 2016 par impeachment),

Michel Temer (viré pour corruption, peut-être en juillet 2017),

Rodrigo Maia (viré parce qu’il ne sera pas élu par la chambre parce que d’ici là il sera sans doute en prison vu le nombre de procès dans lesquels il est impliqué, peut être en janvier 2018)

Monsieur  ou madame X, élu(e) par les membres du parlement pour aller jusqu’au bout du mandat et viré(e) naturellement même s’il (elle) n’est coupable de rien (permettons-nous d’en douter).

Ça ce sont les faits, bruts.

Mais toi, ce qui  t’intéresse, avoue le, ce sont les dessous croustillants de l’histoire expliqués par ceux qui savent et voilà ce qu’ils m’ont raconté :

Rappel : En 2014, un petit groupe d’irréductibles incorruptibles mené par le juge Sergio Moro, spécialiste du blanchiment d’argent et Rodrigo Janot, Procureur de la République, lance l’opération LAVA JATO (lavage express – du nom des stations de lavage de voitures) avec un concept super efficace:  la délation.  Au fil des arrestations ils découvrent la plus grande opération de détournement de fonds publics depuis que le monde est monde. Tous les partis politiques et toutes les méga entreprises brésiliennes sont impliqués de près ou de loin. Y’en a pas un pour sauver l’autre.

Le gros poisson, pense-t-on, c’est  l’ex-Président Lula da Silva impliqué dans plusieurs cas de trafic d’influence, d’enrichissement suspect, de blanchiment, de corruption, etc, etc. et surtout à la tête du pays pendant que tout le monde s’en mettait plein les poches.

Le mois dernier la justice commence à serrer  Lula d’un peu trop près. (j’en ai parlé dans le dernier article). Concomitamment, et comme par hasard, Joesley Batista, dirigeant du plus gros conglomérat agro-alimentaire brésilien, appelle le Procureur Janot pour livrer un enregistrement dans lequel on entend distinctement Temer essayer de corrompre. Pour la petite histoire, Joesley Batista et son frère Wesley sont super potes avec Lula et  ont transformé la simple boucherie paternelle en géant mondial de l’agro alimentaire pendant les mandats de Lula. De là à dire qu’ils doivent leur immense fortune à leur amitié avec Lula, il n’y a qu’un pas.

Lula aurait donc pu passer un coup de fil à son pote Joesley et lui dire, imaginons : « coco, balance la merde dans le ventilo ».

Mais pourquoi balancer Temer ?

Dans le fond, j’imagine que Lula se fout pas mal que Temer reste au pouvoir. Il fait plutôt un bon boulot de sabotage de l’opération Lava Jato. Dès qu’il a l’occasion d’affaiblir les incorruptibles il saute dessus. Je laisse les détails en bas de page pour ceux qui veulent passer en niveau 2. En plus Temer prend des décisions politiques et économiques hautement impopulaires mais pas forcément débiles pour sortir le pays de la crise économique.

Alors pourquoi ?

Jeter Temer en pâture permet à Lula, d’abord de se venger de la trahison de l’impeachment de Dilma, mais surtout de se débarrasser de l’attention des médias et de la rue pour préparer son come back peinard. Parce qu’il va se présenter aux Élections, n’en doute pas. Un institut de sondage annonçait en début de semaine que l’ex-président bénéficie de 30% d’intentions de vote. S’il est élu, Lula dirigera un pays sorti péniblement de la crise économique, grâce à des mesures impopulaires,  bénéficiera de l’immunité présidentielle et pourra  finir tranquillement de démanteler l’opération Lava Jato.

Alors ? C’est qui le Patron ?

Lula da Silva, Ex Président

 

ps : Toi aussi tu te demandes pourquoi les brésiliens ne sont pas tous dans la rue en train de brûler des pneus ? Et bien parce qu’ils sont complètement désabusés et préfèrent continuer à vivre leur vie en regardant la télénovéla plutôt que de mourir de honte en apprenant chaque jour les nouveaux méfaits « sem vergonha » de leurs dirigeants.

Niveau 2:

En janvier dernier, le juge du Tribunal Suprême responsable des questions liées à l’opération Lava Jato, Teori Zavascki est mort accidentellement dans le crash de son avion. Il avait la réputation d’être  sévère avec les corrompus. Temer, qui nomme les juges, a profité de l’occasion pour nommer un pote plus conciliant à sa place.

Rodrigo Janot, Procureur de la République, responsable de la mise en examen de Temer pour corruption passive est sur le point de finir son deuxième mandat, il ne peut pas se représenter. La procédure prévoit que les procureurs votent et présentent les trois premiers au Président de la République pour qu’il choisisse le prochain Procureur Général de la République. Bon. Les procureurs ont voté massivement pour un procureur à la réputation irréprochable et connu pour ses positions anti corruption radicales. Depuis que la république brésilienne existe, le Président confirme le choix du ministère de la justice, mais là non, manifestement, ça n’arrangeait pas Temer. Il a choisi celle qui est arrivée numéro deux dans les votes. On ne connaît pas vraiment ses positions, ni ses amitiés. Attendons de voir.

Pour finir, grâce à des manœuvres politiques plus ou moins subtiles, Le juge Moro va être destitué d’une grosse partie des dossiers du lava Jato.  Jusqu’à présent, tous les dossiers concernant l’affaire  échouaient sur son bureau, quelle que soit leur origine géographique. D’ici peu, il ne pourra se saisir que des dossiers relevant de sa juridiction (le sud du brésil). Les autres dossiers incomberont aux juges compétents géographiquement. Peut on leur faire confiance ?

* La corruption passive concerne celui qui se laisse corrompre, contrairement à la corruption active qui concerne celui qui essaye de corrompre. Rodrigo Janot, le Procureur, accuse le Président d’avoir accepté de la part de Joesley Batista un pot de vin  de 500 000 Reais (à peu pres 140 000 euros). L’histoire ne dit pas ce que Joesley voulait acheter avec ce pognon. Si tu suis bien, Joesley devrait donc lui être accusé de corruption active, sauf qu’il vit aux Etats Unis et a super bien négocié sa remise de peine en échange des enregistrements compromettant Temer.

 

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Viande avariée

Souviens toi de l’enregistrement qui avait précipité la chute de Dilma Rousseff. A l’époque (il y a tout juste un an), on se débarrassait de Dilma et son vice président, Michel Temer, à priori intègre, s’installait dans le fauteuil présidentiel. Manœuvre savamment orchestrée par le Président de la Chambre de députés Eduardo Cunha et ennemi juré de Dilma. On savait déjà que Cunha n’était pas blanc comme neige, mais en même temps il ne neige presque jamais au brésil, donc on s’en foutait.

Aujourd’hui c’est encore un enregistrement qui fait trembler Brasilia. Un haut dirigeant d’une grosse entreprise de frigos aurait enregistré Temer en train d’essayer d’acheter le silence de Cunha.

Ha ha.

question 1 : Que sait Cunha ?

Il sait tout. Et il a fini par se faire choper. Il est à l’ombre depuis quelques mois. Il n’aime pas ça, et essaye de réduire sa peine en échange d’informations croustillantes.

Question 2: Pourquoi les frigos ?

Joesley et Wesley Batista

Joesley et Wesley Batista sont deux frères à la tête de « JBS Friboi, principale multinationale brésilienne de l’industrie agroalimentaire, qui représente environ un quart du marché mondial du bœuf. Elle distribue principalement des produits à base de viande, soit fraîche, soit réfrigérée » (dixit Wikipedia). JBS a été largement financé par la BNDS (Banque Nationale de Développement social), bras financier du gouvernement, qu’il soit de droite, de gauche, d’en haut ou d’en bas, tout le monde couche avec tout le monde du moment qu’il y a du fric à se faire. Le mois dernier un énorme scandale de viande avariée éclate, t’en as sans doute entendu parler. Évidemment, JBS est impliqué.

Joesley et Wesley sentant le vent tourner  seraient allé voir le procureur général de la république, Rodrigo Janot pour cafter. Mais que sont des rumeurs sans preuves ? La police et la justice, la main dans la main, ont équipé les traîtres de micros et quelques semaines après, les preuves sont là. Il y aurait un enregistrement du Président Michel Temer, himself, en train d’essayer d’acheter le silence d’Eduardo Cunha.

Question 3 : Est-ce que ça craint pour Michel Temer ?

Grave. Obstruction à la justice. Très grave. Impeachment direct.

Michel Temer a les boules.

Question 4 : Si Temer est destitué qui deviendrait calife à la place du calife ?

Rodrigo Maia, actuel Président de la Chambre des Députés.

Sous question 4.1 : Peut-on faire confiance à Rodrigo Maia ?

NON, NON, trois fois NON.  Rodrigo Maia est en moment jugé par le Tribunal Suprême pour diverses affaires de corruption (dont 600 000 réais reçu de la part d’Odebrecht).

Rodrigo Maia a les boules

Sous question 4.2 : Rodrigo Maia aura-t-il le temps d’être Président ?

Même si Temer est viré par un processus d’impeachment, ça ne se fait pas en 5 minutes. Les élections présidentielles sont prévues pour octobre 2018. Si ça traine un peu, Rodrigo Maia pourra aller directement en prison sans passer par la case Président.

Question 5 : C’est tout ?

Non, c’est pas tout. Le mois prochain, le tribunal électoral doit rendre son verdict sur le possible truquage des dernières élections présidentielles et  remettre en cause le ticket gagnant, Dilma Roussef  / Michel Temer. Temer pourrait donc se faire virer aussi pour fraude électorale.

Sous question 5.1 : Qui deviendrait président ?

Il y aurait alors des élections indirectes au congrès pour élire un nouveau Président pour aller au bout de ce mandat pourri.

Question 6 : y a t’il de la lumière au bout du tunnel ?

Pas sûr.

A l’horizon se préparent les candidats aux élections présidentielles.

A gauche Lula da Silva. Entendu la semaine dernière pour détournements de fonds, corruption en tout genre, abus de pouvoir, prise illégale d’intérêts, etc. Mais ça va, Lula apparemment n’est au courant de rien et a tout balancé sur feu sa femme qui aurait caché à son mari pendant des années la méga propriété à côté de São Paulo et le Triplex les pieds dans l’eau. Heureusement que la pauvre Marisa, morte accidentellement au début de l’année, n’est plus là pour entendre de telles âneries. Jusque là Lula bénéficiait  d’une image positive auprès de la classe populaire brésilienne, prête à lui pardonner tous ses écarts. Lui pardonnera-t-elle la lâcheté d’impliquer sa défunte femme ?

Lula a les boules et s’assure que sa défunte femme est bien là haut et qu’elle n’a pas l’intention de ressusciter pour le balancer.

A droite Aecio Neves, Président du PSDB, un des principaux partis du pays, battu de justesse par Dilma Rousseff aux éléctions présidentielles de 2014. Aujourd’hui, enfin, ce matin, il était sénateur de l’Etat du Minas Gerais, cet après midi, il est à la porte de la prison. Lui aussi s’est fait enregistrer par Joesley (voir plus haut), en train de racketer 2 millions de Réais. Le procureur de la république veut l’envoyer en prison direct (où il rejoindra sa sœur, et bras droit, incarcérée ce matin). Le juge, lui, demande que l’affaire soit traitée par le tribunal suprême fédéral. Quoi qu’il en soit, tôt ou tard, il sera derrière les barreaux.

Aecio Neves a les boules.

Question subsidiaire: La totalité de la classe politique brésilienne est elle aussi pourrie que la viande de Joesley et Wesley?

OUI, et ça pue.

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Also starring…. les seconds rôles de la télé-novela

Tu le sais, ou tu l’as entendu au loin, la justice brésilienne poursuit sa traque implacable et inexorable des gros méchants détourneurs de pognon qui s’en sont mis plein les poches pendant des années dans l’opération de blanchiment d’argent la plus grosse de l’histoire du monde moderne. Grosse par les sommes détournées (entre 10 et 40 milliards de Reais) et grosse par le nombre de gus impliqués. Sans entrer dans les détails, à peu près 98% de la classe politique brésilienne est mouillée, y compris Lula, ex-président, Dilma Rousseff, ex-présidente, Michel Temer, actuel Président.

Il y a deux ans, la Justice et la Police fédérale  ont ouvert la boîte de Pandore  en lançant l’opération Lava Jato* avec un concept super efficace: la remise de peine en échange d’informations. Les petits poissons faciles à attraper balancent les moyens et les moyens balancent les gros. Logique.

Hier, c’est Eduardo Cunha, l’ex-président de la chambre de députés et architecte de la destitution de Dilma Rousseff qui s’est fait embarquer. Un très très gros poisson. Il paraît qu’il a de quoi faire tomber tous les présidents des 20 dernières années. Parlera-t’il ?

En attendant la liste des prochains justiciables, intéressons nous aux seconds rôles du feuilleton.

Delton Dallagnol, procureur de la république

Auteur du PowerPoint qui place l’ex-président Lula au centre de toute l’opération. On apprécie le graphisme léché et le rappel subtil de la signification du nom de Lula ( qui veut dire calamar/pieuvre en portugais). Document présenté le 14 septembre 2016 lors d’une conférence de presse donnée par le procureur pour expliquer le rôle central de l’ex -président. Il a tout de même précisé qu’il n’avait pas de preuves mais une forte conviction.

pp-mpf-lula-a

pieuvre-geante

Moi j’aurais préféré qu’il parle de Sharktopus, mais il n’a pas dû voir le film.

sharktopus

L’auteur anonyme des noms de chaque phase de l’opération Lava Jato

Le mec est un poète. Grâce à lui, les épisodes de la future télénovéla sont tout trouvés :

Chasse aux Fantômes (phase 32),

X files (phase 34),

Abysse (phase 31),

Vice ( phase 30),

Omerta (phase 35, la dernière en date)

Newton Hideroni Ishii, AKA ô Japonês  da Federal

Policier fédéral chargé d’appréhender les pourris. Il est sur toutes les photos d’arrestation derrière ses Ray Ban noires, à tel point que des masques à son effigie sont vendus dans les boutiques de déguisements.

montage-jap

masque-japonesIl y a quelques mois, o Japonês da Federal s’est fait lui même embarquer pour contrebande.

japones-embarque

Lucas Valença  AKA Ô Hipster da Federal

On l’a vu pour la première fois hier lors de l’arrestation d’Eduardo Cunha à qui il a incontestablement volé la vedette. Il est musclé, il est stylé, il a une grosse barbe et un man bun de hipster. Depuis, l’internet frétille. Des hordes de filles s’exclament : « je suis coupable, viens m’arrêter », on apprend qu’il a 30 ans et qu’il a plus d’une vingtaine de tatouages répartis sur le corps. On sait aussi qu’il aime la plage et les chiens. Interrogé sur son succès fulgurant, l’intéressé a répondu humblement : « je ne fais que mon travail ».

hipster-da-federal hiptser-a-la-plage hiptser-et-les-chiens

Eduardo Cunha va t’il balancer ?

ô « Hipster da federal » sera-t’il chargé d’appréhender le prochain justiciable ?

Stay tuned !

*pour en savoir plus sur le lava jato.

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Pendant ce temps là à Brasilia

Piqûre de rappel : Le 12 mai, le Sénat Brésilien donnait le coup d’envoi de la procédure d’Impeachment de la Présidente Dilma Rousseff pour maquillage de comptes publics. Le vice Président Michel Temer prenait le manche et Dilma était envoyée en vacances forcées pendant une période pouvant aller jusqu’à 6 mois, le temps que les sénateurs étudient à fond la question. Si t’es perdu, tu peux relire les épisodes précédents (la véritable histoire de la déchéance de Dilma Rousseff et qui est vraiment Michel Temer).

Le 31 août,  les sénateurs ont rendu leur verdict : FORA DILMA. Elle est déchue de son pouvoir présidentiel mais pas de ses droits civiques. Elle peut donc, si elle veut, se présenter aux élections présidentielles de 2018. Elle en est capable. Je te rappelle que Dilma est une guerrière prête à tout.

fora-dilma(Dilma Rousseff vêtue de son plus beau tailleur rouge, couleur de son parti, le parti des travailleurs et avec une tête de circonstance lors de son dernier discours. Elle a  crié  au coup d’Etat et à l’injustice. No Pasaran!)

Michel Temer a immédiatement prêté serment et s’est envolé pour le sommet du G20 en Chine asseoir sa légitimité internationale. Il a profité des nombreuses heures de voyage pour préparer son ‘action plan‘: restrictions budgétaires, réformes fiscales, modifications des programmes sociaux instaurés par ses prédécesseurs.

Vu qu’il est déjà mouillé dans des histoires de corruption (son nom est cité plusieurs fois dans le cas Petrobras), dans des histoires d’élections truquées (le Tribunal Suprême électoral doit statuer d’ici 2017 sur la validité des élections de 2014 pour lesquelles il concourrait en tant que vice président de Dilma Rousseff) et qu’une bonne partie de la population brésilienne l’accuse d’avoir accédé au pouvoir comme un vieux chacal en virant son ancienne alliée devenue nouvelle ennemie, il n’était pas à une ou deux mesures ultra impopulaires près. Pour Michel, c’est ‘all in’, soit il redresse l’économie du Brésil en pleine crise et son nom restera à tout jamais dans les livres d’histoire associé au sauvetage du Brésil, soit il sombre avec le navire et ne sera qu’un pourri de plus dans la plus grande crise politique que le pays ait jamais connu.

toma-pose-temer(Michel Temer tellement content qu’il a presque souri)

Une semaine après son intronisation officielle, le 7 septembre, jour de commémoration de l’indépendance du Brésil, pendant que le fringant nouveau président et sa jeune épouse paradaient lors du premier acte officiel de leur mandat, des centaines de milliers de personnes se retrouvaient dans la rue  pour crier Fora Temer. (Temer dehors).

m-et-mme-temer(Président et Madame Temer solennels et officiels incarnant la fonction devant le seul mec qui sourit pour la photo)

fora-temer(manifestants pas contents à São Paulo, le 7 septembre )

raus-temer(manifestants germanophones pas contents )

fora-todos(manifestants anarchistes et écolos qui veulent virer tout le monde avec une pancarte réutiliable à l’envi)

On va encore bien se marrer.

 

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Tchau Querida

folha

Une de la version électronique de la Folha de São Paulo ce matin jeudi 12 mai.

Après une nuit agitée, le Sénat a compté les votes  des Sénateurs, 55 pour 22 contre, et au petit matin le couperet est tombé. Dilma est virée. Enfin momentanément, cet épisode n’est pas encore l’épilogue. Je dirai même plus, ça ne fait que commencer. Le résultat du vote marque officiellement le début du processus d’Impeachment. Dans les 6 mois à venir Dilma Rousseff, Présidente du Brésil, 7eme puissance mondiale,  va être jugée et les sénateurs devront à nouveau voter pour  se prononcer pour ou contre la fin de son mandat.

Dilma vient de s’exprimer devant les journalistes. J’ai tout écouté pour toi.

Elle crie au coup d’Etat. Elle a commis des erreurs mais pas de crimes, d’ailleurs, d’autres avaient commis les mêmes erreurs avant elle et eux n’ont pas été destitués. Elle accuse ses détracteurs d’avoir saboté son gouvernement et d’entretenir la crise politique et donc économique dans leur intérêt.   Elle, elle est fière de ce qu’elle a fait, fière de ce que son parti a fait pour les plus pauvres, fière de pouvoir se regarder dans le miroir. Elle met le Brésil en garde contre un gouvernement arrivé au pouvoir sans aucune légitimité qui pourrait avoir certaines facilités à recourir à la répression. Elle a lutté toute sa vie pour la démocratie, enduré la torture et la maladie, aujourd’hui elle se dit prête à lutter contre l’injustice et pour aller jusqu’au bout de son mandat en décembre 2018.

No Pasaran ! dans la paix quand même.

Bref, elle se casse et laisse la place à Michel Temer, centre droit aux idées politiques plutôt libérales. Les marchés financiers sont contents. Reste à savoir si les Brésiliens sont contents aussi.

Je te remets, pour le plaisir, le détonateur de toute l’histoire. Le « Tchau querida » de Lula à Dilma à la fin d’une conversation où elle  disait lui avoir envoyé le document le nommant ministre « au cas où » (il est menacé de prison dans l’affaire lava jato). C’était le 16 mars et cette histoire là est loin d’être terminée.

 

 

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Shake it Baby

Moi j’étais là, je sifflotais de la bossa nova peinarde en savourant un délicieux pão de queijo en attendant la destitution de Dilma et l’intronisation de son VP, le ténébreux Temer, quand patatras, l’annonce de la révocation de l’impeachment, une sorte d’impeachment de l’impeachment, m’a fait avaler mon pão de queijo de travers.

Comme la situation évolue à chaque instant et que toutes sortes de rumeurs circulent à la vitesse de l’éclair, je m’en tiendrai aux faits.

La semaine dernière, Eduardo Cunha, Président de l’Assemblée et ennemi juré de Dilma se fait dégager à l’unanimité par le STF (Supremo Tribunal Federal).  Le tribunal l’accuse d’avoir « usé de ses fonctions dans son propre intérêt et de façon illicite pour empêcher que les investigations à son encontre n’arrivent à leur terme ». Cunha, sans m’étaler sur la question, a des casseroles de corruption, de comptes en suisse et de malversations en tout genre qui font rêver les Balkany, c’est dire.

cunhaEduardo Cunha en train de réaliser que ça chauffe grave pour son bumbum

Il est remplacé au pied levé par Waldir Marahnão, lui aussi mis en cause dans l’affaire du « lava jato », mais qui ne l’est pas ? Waldir décide ce matin d’annuler le vote du 17 avril à cause d’irrégularités survenues pendant le vote et donc tout simplement d’annuler le processus d’impeachment. Comme ça.

waldirWaldir Maranhão avec son regard de « vous allez voir ce que vous allez voir »

Ce soir le président du Sénat, Sénat qui rappelons-le doit se réunir dans quelques jours pour voter l’impeachment et la mise à pied de Dilma, ignore totalement la décision de Maranhão en la qualifiant de « absolutamente intempestiva » et dit que le processus continuera normalement.

J’en perds mon latin.

impeachment-dilma-lista-deputados-600x300

En attendant que tout ce petit monde se mette d’accord  je te propose de retrouver la garota de Ipanema, version 2016. Shake it baby !

 

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